Page d'histoire

Nîmes: la Maison Carrée

Vers 600 av J-C, des Grecs venant de Phocée sur la côte d'Asie Mineure, s'installent à Massalia (Marseille). Le pays est alors occupé par des tribus d'origine Ligure auxquelles vont s'imposer des Celtes, d'où leur nom: Celto-ligures.La cité de Massaliase développe et établit des comptoirs en particulier à Nikaia (Nice)Antipolis (Antibes) et Olbia (Hyères). Plus généralement des Grecs s'installent sur la côte méditerranéenne et y apportent leur civilisation.La Provincia de l'Empire Romain s'étendait au delà des limites actuelles de la Provence puisque dénommée Gaule Transalpine puis Narbonnaise, elle incorporait en outre la côte languedocienne et le territoire des Allobroges avec la la cité de Vienna (Vienne). D'ailleurs longtemps la capitale en a été Narbo Martius (Narbonne).

Massalia appelle les Romains à son aide à plusieurs reprises à partir du début du IIe siècle avant J-C : en 181 avant J-C, contre les pirates Ligures, en 154 contre deux peuplades Celto-ligures, les Déciates et Oxybiens, qui assiégent les comptoirs d'Antipolis (Antibes) et de Nikaia (Nice). Le but est d'aider les Massaliotes, mais aussi de sécuriser la liaison entre l'péninsule Hispanique et l'Italie, devenue stratégique pour Rome. Le Consul Opimius intervient et vainc ces tribus.En 125 avant J-C, celles-ci cherchent à nouveau à reprendre la côte aux Grecs. Massalia fait de nouveau appel aux Romains, En 124, le Sénat Romain envoie le consul M. Fulvius Flaccus contre les Celto-ligures, les Voconces et les Salyens, cette-fois les Romains ne vont plus repartir.

Le Consul Sextius Calvinus s'empare d'Entremont, la capitale des Salyens, et la détruit. En remplacement, en 122 avant J-C, il établit un poste militaire au pied de cet oppidum. Il devient une colonie romaine dénommée Aquae Sextiae qui va devenir Aix en Provence. La Provincia (qui est appelée Gaule Transalpine puis Narbonnaise) est établie à partir de 120 av J-C. C'est du terme Provincia que vient le nom de la Provence.La guerre se poursuit contre les Allobroges qui ont accueilli les chefs Salyens vaincus. En 121, le Consul Domitius Ahenobarbus bat les Allobroges à Vindalium (au nord-est d'Avignon) et peu après, le consul Q. Fabius Maximus, arrivé en renfort écrase une coalition d'Allobroges et d'Arvernes au confluent de l'Isère et du Rhône.

A partir de là, Domitius Ahenobarbus se rend maitre des territoires entre le Rhône et les Pyrénées. Il fait construire une liaison terrestre commode et sûre entre la péninsule Hispanique et l'Italie : la Via Domitia. L'emprise romaine s'affirme avec la fondation, en 118 avant J-C, d'une colonie à Narbo Martius (Narbonne).A ce moment, Rome contrôle les débouchés des deux grands axes Gaulois entre l'Europe du nord et la Méditerranée : le couloir rhodanien et la route de l'étain (issu de (Grande-)Bretagne) par l'Isthme gaulois (Aude, Garonne, Gironde) et l'Atlantique. Domitius Ahenobarbus conclut un traité d'alliance avec les Volques Tectosages et une garnison romaine s'installe à Tolosa (Toulouse).

Autour de 100 avant J-C, le Consul Marius vainc les envahisseurs Teutons prés d'Aquae Sextiae. Cette victoire parachève la conquête de la région par Rome qui y étend son influence.Les territoires conquis restent longtemps de simples districts militaires, le premier Gouverneur connu est Fonteius en 70 avant J-C. C'est sans doute une Lex Provinciae de Pompée qui unifie la province de Gaule Transalpine, des Pyrénées aux Alpes. Les Romains doivent mater de nombreuses révoltes pour pacifier cette nouvelle province.

Jules César est nommé Proconsul de la Narbonnaise en 58 avant J-C, il trouve une province calme, qui reste loyale pendant les huit années de son proconsulat en Gaule.A partir de cette Province il entreprend et mène à bien la conquête des Gaules dans les années 50 avant J-C. De nombreux nobles de la province de Gaule Transalpine ont servi dans les armées de César, ils en sont remerciés par l'octroi de la citoyenneté. Jules César crée également un certain nombre de colonies, pour installer des vétérans en Gaule Transalpine et aussi accentuer sa romanisation.Lors de la Guerre Civile entre Pompée et CésarMassalia choisit le camp de Pompée. Une fois César vainqueur, en 49 avant J-C, l'influence Massalia se trouve amoindrie.

C'est au IIème siècle av J-C que Rome commence à s'intéresser à la Gaule Transalpine. Les Romains sont sollicités par les habitants de Massalia et de ses comptoirs qui sont de plus en plus menacés par les tribus Celto-ligures.Pendant une cinquantaine d'années (de 150 à 100 av J-C), les Romains assistent Massalia et la population Grecque. La Provincia romaine (Gaule Transalpine) est établie autour de 120 avant J-C, elle devient ensuite la Narbonnaise qui est le trait d'union entre l'Italie et l'Espagne.

La Maison Carrée à Nimes

En 102 av J-C, le Consul Marius écrase les Teutons prés d'Aquae Sextiae. A partir de là, la région est romanisée en profondeur. En 58 av J-C, elle sert de base à César pour la conquête de la Gaule. Le nom de Provence est issu de celui de Provincia, ce qui illustre bien son imprégnation dans le monde romain.

C'est en 27 avant J-C que Auguste redéfinit le découpage territorial des Gaules, la Gaule Transalpine est alors renommée Narbonnaise

https://editions.ouest-france.fr/pub/media/catalog/product/cache/5d691eaaeaf918fde37afa16c55e63d9/9/7/9782737379635_34.jpg Page d'Histoire

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Peut être une image de baguette et pain de seigle

Le pain d’autrefois : le goût du temps et du feu

Autrefois, le pain n’était pas seulement un aliment. Il occupait une place essentielle dans la vie quotidienne, au cœur des maisons et des villages. On le préparait avec patience, avec des gestes transmis de génération en génération, et chaque miche racontait le travail des hommes, la richesse de la terre et le savoir-faire du boulanger.

Les pains d’autrefois étaient grands, lourds, souvent ronds, avec une croûte épaisse et dorée qui craquait sous la main. Leur parfum remplissait les rues dès l’aube. On les conservait plusieurs jours, parfois une semaine entière, sans qu’ils perdent leur saveur. Aujourd’hui, ces beaux pains rustiques se font rares, remplacés par des pains plus légers, plus rapides à produire, mais souvent moins nourrissants et moins authentiques.

La fabrication du pain commençait bien avant le pétrissage. Le blé était récolté dans les champs, puis conduit au moulin où il était écrasé entre de lourdes meules de pierre. La farine obtenue gardait encore une partie du son et du germe du grain, ce qui donnait au pain une couleur plus sombre et un goût plus riche.

Dans les fournils, le boulanger mélangeait simplement la farine, l’eau, le sel et le levain naturel. Ce levain, soigneusement entretenu chaque jour, faisait lentement lever la pâte. Rien n’était précipité. La pâte reposait de longues heures dans de grandes maies en bois, couvertes de linges épais pour conserver la chaleur. Le temps faisait son œuvre, donnant au pain son arôme profond et sa mie dense.

Venait ensuite le pétrissage, un travail exigeant qui demandait force et expérience. Le boulanger enfonçait ses mains dans la pâte, la repliait, la frappait parfois sur la table de bois jusqu’à ce qu’elle devienne souple et vivante. Puis il formait de grosses boules régulières que l’on déposait dans des paniers farinés. Ces pains ronds, appelés souvent miches ou tourtes, symbolisaient l’abondance et la simplicité paysanne.

La cuisson représentait un moment presque solennel. Les fours à bois étaient chauffés pendant des heures avec des fagots, des bûches ou des branches sèches. La chaleur devait être parfaitement maîtrisée. Lorsque les pierres du four devenaient blanches sous l’effet du feu, on retirait les braises à l’aide d’un long racloir, puis on nettoyait le sol du four avec un chiffon humide fixé au bout d’un manche.

Les pains étaient ensuite enfournés avec une grande pelle de bois. Dès qu’ils entraient dans la chaleur brûlante du four, une odeur incomparable se répandait. La croûte se formait lentement, épaisse et croustillante, tandis que la mie cuisait doucement à l’intérieur. Le bois donnait au pain une saveur légèrement fumée que l’on reconnaissait immédiatement.

Quand les miches sortaient enfin du four, leur croûte chantait encore sous l’effet de la chaleur. On les alignait sur de grandes planches pour les laisser refroidir. Dans les maisons, le pain était respecté. On ne le jetait jamais. Avant de le couper, certains traçaient même une croix sur sa surface, par tradition et par gratitude.

Ces pains ronds d’autrefois avaient une âme. Ils demandaient du temps, du travail et de la patience, mais ils nourrissaient véritablement les familles. Aujourd’hui encore, leur souvenir reste associé aux villages, aux fours anciens et aux odeurs chaudes des boulangeries de campagne, lorsque le pain était fait pour durer et pour rassembler.

 

 

Ajouter un commentaire